O.

avril 3, 2020 4 Par Laurent Roux
Illustration par Joff Tekmeister

On s’est réveillé à la lueur du crépuscule, on a pris un café, rangé nos sacs de couchage et pris nos affaires. Je sens l’homme pas lavé, la poussière et la transpiration de la nuit.

On marche, on découvre, on inspecte, nous sommes éblouis, on photographie.
Il fait terriblement chaud, on entend les cigales chanter leur mantra incessant. Il est 11:30. L’herbe est haute. Très haute. Ça m’arrive aux hanches. Je suis le premier, tu me suis de prêt. On marche tranquillement sous ce soleil brûlant. On limite nos efforts pour ne pas trop en baver et économiser nos forces. Des oliviers sont au fond du champs, on va y aller puisque je ne supporte plus vraiment cette chaleur.
On transpire, mon slip est trempé, les goutes de sueur coulent entre mes fesses, ça glisse à chaque pas. Mes chaussures de rando commencent à être lourdes, je rêve de retirer mes chaussettes.
On arrive enfin sous ces oliviers. On laisse tomber nos sacs. C’est l’heure de déjeuner. Tu retires ton débardeur, tu es dégoulinant. Tu t’essuies le visage et les dessous de bras. Ce geste est celui que je regarde du coin de l’œil, comme pour ne pas me faire griller.

Tu poses en boule ton linge à côté de moi d’une manière très négligée. Il n’y a pas de vent, l’odeur qui émane de ton vêtement me monte au nez. J’essaie de me maîtriser. Je n’y arrive pas, c’est plus fort que moi. Mon cœur bat. J’ai envie de plonger mon nez dedans. Pour humer chaque particule afin de ne rien gaspiller.

Tu avances vers moi, ton paquet est à 20 cm de mon visage. Tu me demandes si j’ai faim ?

Je bafouille, je ne suis plus vraiment discret. Tu ris. Tu ris. Ça me fait rougir. Grâce à l’ombre des oliviers, ça se remarque peu.

Tu poses une main sur mon épaule, ton regard change radicalement. Il devient presque menaçant. Comme si j’étais une proie. Tu prends ton débardeur de la main gauche et mon cou de la main droite. Tu les rejoins pour qu’on t’offre un spectacle. Tu domines cet instant comme tu domines mes pensées. Je sens et respire ton odeur, tu souris, tu aimes ça que je te regarde avec mes yeux qui vacillent et révulsent.


Tu déboutonnes ton jeans, ton caleçon est trempé de sueur et de mouille. Ça sent le sexe pas lavé, le mec naturel. Tu m’embarques la tête pour la frotter à ta queue. Tu bandes à travers ton caleçon. C’est brûlant. Je joue avec les formes et les mouvements de mon visage pour te faire du bien.
Tes muscles se raidissent. Je me sens puissant. Soudain, tu reprends le contrôle, tu me regardes avec cet air bestial. Tu baisses entièrement ton jean ainsi que ton caleçon. Ta bite est dure, elle est belle. Elle est pointée vers moi comme dressée, au garde à vous. Tu prends ma tête et tu me dis : « montre moi ce que tu sais faire maintenant »
Je retire mon t-shirt, je m’avance. J’empoigne mes mains sur tes fesses musclées. Tes mains sont sur ma tête, l’une d’entre elle sert mes cheveux.
J’enfonce ton sexe dans ma bouche, d’un coup. Pour le lubrifier et pour voir la place qu’il prend. Tu gémis légèrement de soulagement. Tu restes quelques secondes comme ça. Je sens ton sexe se gonfler et se dégonfler légèrement. Ta queue est à moi maintenant. Je me retire entièrement, et je te suce le gland doucement, j’avance de plus en plus loin sur ta bite, jusqu’à l’avoir entièrement. Tes poils du pubis me caressent le nez. Et cette odeur. Toujours cette odeur.


Je vais de plus en plus vite, ma main gauche te sert les couilles. Tu gémis, tu me regardes dans les yeux, les veines de ton cou sont gonflées. Tu es de plus en plus animal. C’est maintenant à toi de me baiser la bouche, tu n’y vas pas de main morte, j’ai du mal à accueillir tes mouvements francs et violents. Mais j’aime ça. Ça m’excite.
Je commence à vouloir me branler, ma main presse ma bite gonflée à travers mon short.
Tu me tires en arrière par les cheveux, avance ton visage près du mien et me demande d’arrêter. Et que tu vas maintenant m’enculer.
Tu me tournes les épaules face au champ. Puis tu prends ton débardeur, le pose par terre et me demandes de le renifler sans le prendre dans mes mains.
Mon cul est levé, il t’est offert. Tu craches dessus pour me lubrifier. Je comprends que tu vas être brutal. Je tourne ma tête, te demandes d’y aller doucement. Ton sourire en coin de bouche me fait comprendre que ce n’est pas à moi de décider.
Tu entres d’un coup, je crie. Ta bite est grosse. Ça me fait mal. Je te supplie de stopper un instant. Le temps de reprendre mes esprits, mes mains sont sur tes cuisses. Tu me regardes tendrement, je sens ta tendresse sous cet cage de virilité que tu m’exploses à la gueule.
Tu me demandes si ça va et qu’il va maintenant me baiser. J’en tremble de peur et d’excitation.
Tu entres en moi doucement pour les premiers coups, ça me me fait gémir. Ça commence à être bon de te sentir en moi. Je me repositionne tout seul sur l’odeur de transpiration. Ça a l’air de t’exciter, je veux que ça te plaise, je me frotte la tête dessus comme un trophée qu’on aurait eu du mal à obtenir. Celui qu’on chérit. Ça te rend fou, ça te met dans un état animal. Tes coups de reins sont brutaux et secs. Tes mains sont accrochées sur mes hanches, j’entends ton souffle saccadé à chaque va-et-viens. Je couine, ma voix est méconnaissable, tu touches l’intérieur de moi, de plus en plus profond, je ne sais plus si la douleur ou le plaisir sont dissociables. Tu me demandes de m’ouvrir de plus en plus. Les goûtes de transpiration tombent de ton front sur le bas de mon dos. Tu t’essuies le visage et me fait lécher ta mains. Tes fluides m’enivrent, je n’en perds pas une seule, comme pour t’honorer. Tes couilles pendantes par la chaleur s’écrasent et se collent à moi sous tes vas-et-viens incessants. Le rythme est de plus en plus fort, je sens que ta mouille remplie mon corps. Ça glisse. Tu me relèves brusquement, tu me dis dans l’oreille que je vais te faire jouir si je continue à gueuler. Tu gémis de plus en plus. Tes mains se rapprochent dangereusement de ma bouche. Elles forment une cage pour me faire taire, je gémis à travers. Tu hurles de plaisir jusqu’à en jouir en moi, en me regardant dans le fond de mes yeux. Tu as gagné cette partie. Je te supplie de rester en moi et de m’enlacer avec tes bras musclés pour s’endormir dans les herbes hautes sous l’ombre des oliviers.